Bienvenu sur le site de Sabay Dii

En laotien, Sabay Dii signifie "bonjour", "salut", "ça va"...
Dans la pratique, cette expression est utilisée chaque fois qu'on est heureux de rencontrer quelqu'un.
Pas étonnant que j'ai baptisé mon bateau "Sabay Dii", non ?

samedi 22 juillet 2017

De l'Indonésie à la Malaisie via le détroit de Singapour

Pour rejoindre la Malaisie à partir de Tanjung Pinang, en Indonésie, il faut passer par le détroit de Singapour, puis s'engager dans le détroit de Malacca.
C'est l'une des zones maritimes les plus fréquentées au monde. Alors autant prendre des précautions, et la première est de ne pas se presser. J'avais donc choisi de passer deux jours pour rejoindre Puteri Harbour en Malaisie, en coupant en deux le parcours de 170 milles nautiques pour dormir une bonne nuit loin du trafic.
J'ai quitté Tanjung Pinang vers 9 heures, après avoir fait les formalités de sortie d'Indonésie, à l'ouverture des bureaux. Départ tranquille dans du petit temps promis pour les deux jours, avec quelques ferrys et plateformes pétrolières, pour égayer le voyage.
Comme vous pouvez le constater sur la carte marine, il y a d'autres raisons de ne pas s'endormir pendant le voyage vu que l'on n'arrête pas de zigzager entre les îles, mais je commençais à en avoir l'habitude car depuis quatre mois, je n'avais fait que cela avec les pêcheurs et leurs fillets en plus. Ici, aucun risque de s’empêtrer dans de tels apparaux, le coin étant beaucoup trop fréquenté par d'énormes bateaux de commerce pour avoir une chance d'attraper un poisson. La journée s'est donc déroulée tranquillement avec une augmentation régulière du nombre de rencontres : cargos, pétroliers, porte-containers, vraquiers, chimiquiers, j'en passe et des meilleurs dont certains aux formes surprenantes, dont beaucoup à l'ancre, en attendant une place pour charger ou décharger à Singapour.
Chaud devant
Chaud derrière
Arrivée à la nuit tombante à Nongsa Point, petit îlot situé à mi-parcours.
Nongsa Point (on est toujours en Indonésie mais juste en face de Singapour)
Il existe là une petite marina mais, comme à mon habitude, je lui ai préféré le petit mouillage situé juste à l'Est de Nongsa Point qui offre un bon abri par temps calme, avec un courant modéré, ce qui est bien dans ce secteur. J'étais encore en Indonésie, mais juste à quelques encablures de la route maritime la plus dense au monde.
Nongsa Point (l'îlot et la marina)










Il est 5 heures, Singajour s'éveille (au loin, et loin de Paris, mais avec 7 heures d'avance sur la Ville des lumières)
Départ au petit jour pour une aventure équivalente à tenter de traverser l'autoroute du soleil, le premier août, avec une paire de béquilles. Mais Sabay Dii n'a même pas peur des monstres de plus de 300 mètres de long filant à 20 nœuds et c'est à la voile qu'il passe sans encombre d'un côté à l'autre du détroit de Singapour, le principal soucis étant qu'il me fallait presser sur le bouton de l'alarme AIS non déconnectable de ma centrale de navigation pour confirmer que je voyais bien les centaines de bateaux avec lesquels j'étais potentiellement en route théorique de collision. Un vrai tintamarre, à défaut d'une séance d'épouvante.
Attention, une usine à gaz flottante. Ne pas craquer une allumette sur Sabay Dii lorsqu'on va frôler ce monstre
Du cargo au destroyer, on voit ici toute sorte d'objet flottant
Vedette d'intervention rapide à l'entraînement (1500 chevaux pour quelques tonnes de déplacement).
Ca décoiffe dans les virage et à l'acélération !
La marine singapourienne est en alerte permanente dans cette zone stratégique
J'avais ainsi quitté l'Indonésie et me retrouvais dans les eaux territoriales de Singapour, petit pays par la taille mais gigantesque par le flux matériel et financier qui le traverse. Un endroit tout à fait exceptionnel aussi du point de vue urbanistique, mais comme j'y avais déjà passé quelques jours quelques années auparavant, j'avais décidé de ne pas m'y arrêter et de filer jusqu'à la Malaisie, et plus précisément à Puteri Harbour.
Dans le milieu de la matinée, le vent tombe, mais le plus délicat est passé. Je vais continuer deux heures au moteur, car i lest impensable de rester planté là à attendre qu'Eole se réveille. En effet, je suis en plein milieu d'un parking à bateaux et il ne faudrait pas croire que la zone est tranquille. Oh que non ! Des dizaines de vedettes de pilotes du port organisent les entrées et les sorties de ces mammouths de plusieurs centaines de milliers de tonnes. Alors autant ne pas faire le malin, et traverser discrètement le coin, au plus vite.
Gros pétrolier qui se décharge dans un plus petit que lui

Attention, les apparences sont trompeuses.
L'avant de Big roll est à gauche !
Démarrage en trombe ...
Il faut du temps pour mettre en température un moteur de plusieurs centaines de milliers de chevaux !
Grue sur barge tractée par un remorqueur
Dans l'après-midi, le vent se relève et ça tombe bien car j'ai terminé la traversée du détroit de Singapour. Finie l'agitation mécanique, mais il me reste une dizaine de milles à parcourir, dans un estuaire, avec le courant pour moi heureusement, et avec vent et courant, je suis sûr d'arriver avant la nuit à destination.
Reste à passer sous le pont.
Je sais qu'il est à 25 m de haut et que le tirant d'air de Sabay Dii n'est que de 18 m, mais en passant dessous, il me reste une petite appréhension déraisonnable et je rentre la tête dans les épaules en ne quittant pas ma fragile girouette perchée en haut du mât. Finalement, je ne démâte pas.
Plus que quelques milles.  Les premiers buildings de Puteri sont en vue
A gauche, la  Malaisie, où l'on construit des immeubles de cinquante étages en pleine campagne ???
A droite, Singapour, ses espaces verts pour le bien-êtres des heureux habitants
et des barbelés pour limiter le nombre des élus. 
 
La journée s'est donc déroulée comme prévue, en longeant la côte singapourienne puis en m'engageant dans le petit détroit qui conduit à Puteri. Rien d'extraordinaire si ce n'est la densité de gros bateaux fréquentant cet espace maritime.

dimanche 16 juillet 2017

La suite du voyage

Le voyage à travers l'Indonésie était tellement passionnant que j'ai passé un temps fou pour le blog, ce qui s'est traduit par beaucoup, beaucoup de retard. Mais il y avait tellement de choses à dire et à montrer, en si peu de temps (quatre mois seulement).
Le suite va aller beaucoup plus vite et je devrais pouvoir rattraper le coup assez facilement.
Au programme des prochains messages, la traversée du détroit de Singapour, puis la côte occidentale de la Malaisie, et une incursion en Thaïlande. Tout cela devrait remettre les pendules à zéro avec encore de jolies photos et quelques anecdotes croustillantes. 

Bilan de quatre mois en Indonésie : que du bonheur !

Depuis mon départ de France, sept ans plus tôt, je n'avais fait que naviguer seul, ne cherchant pas spécialement à voguer en compagnie d'autres voiliers, craignant de perdre en autonomie et en liberté.
Ayant appris l'existence du rallye "Wonderful Sail 2 Indonesia" qui traversait d'Est en Ouest tout l'arc indonésien, je m'y étais inscrit, plus pour bénéficier des facilités offertes pour les formalités complexes, souvent lourdes et parfois onéreuses (nécessité de faire intervenir un agent) que pour bénéficier d'une organisation, d'événements festifs et de la compagnie d'autres navigateurs. J'avais même choisi de court-circuiter toute la première partie qui permettait d'explorer la côte orientale de l'Australie. C'est donc en solitaire que j'ai rejoint Tual, port d'entrée indonésien où étaient déjà arrivés la plupart des participants du rallye qui se connaissaient bien pour avoir déjà passé un mois et demi ensemble : beaucoup d'australiens, des neo-zeds, quelques européens, américains, ..., et quatre autres voiliers français. Au total 35 bateaux, je crois.
L'expérience était donc tout-à-fait nouvelle et je dois avouer que les quatre mois passés en compagnie de personnes d'horizons si différents furent particulièrement agréables et enrichissants. Je me suis fait de vrais amis que je compte bien retrouver à la première occasion.
Par ailleurs, ce rallye était passionnant de par son programme et les gens rencontrés. Aucun temps mort, pas de monotonie ni de répétition barbante, toujours quelques choses de nouveaux. Des lieux variées, des cultures et des traditions différentes, des paysages sans cesse renouvelés alors qu'on était toujours au bord de la mer, évidemment.
Et tout cela n'est rien comparé à l'accueil formidable de gens incroyables, parfois perdus sur des îles particulièrement isolées et qui avaient une aptitude enthousiasmante à fraterniser. Un vrai bonheur qui doit transparaître dans les divers messages postés sur ce blog.
Beaucoup de messages, vous l'aurez constaté certainement. Qui dit beaucoup de messages, dit aussi des heures à trier des photos, à écrire des billets, à mettre en page sur Internet pas toujours disponible et souvent affreusement lent, et aussi des recherches pour ne pas dire trop de bêtises. Mais je devais faire cela ne serait-ce que pour rendre hommage à toutes ces personnes rencontrées le long de la route maritime et à tous cux qui s'étaient décarcassé pour faire que ce rallye soit une réussite. Je pense en particulier à celui qui d'un air dilettante avait tout coordonné depuis des mois ; j'ai nommé Raymond, agent officiel du Ministère du Tourisme.
Un très bon photographe, en plus
Merci à tous !

Tanjung Pinang fait son festival



Le festival Bahari Kepri de Tanjung Pinang a lieu chaque année vers la fin du mois d'octobre et donne lieu à des spectacles impressionnants très prisés par la population Indonésienne. On vient de loin pour y assister, et nous avions la chance de faire partie des invités d'honneur en tant que participants au rallye "Wonderful Sal 2 Indonesia" dont c'était la fin. Au programme de nombreux spectacles musicaux et/ou chorégraphiques, un fabuleux carnaval, un défilé nocturne de bateaux tous aussi extravagants les uns que les autres, sans oublier parachutistes partout dans le ciel, feu d'artifice, spectacle son et lumière sur la rivière... Bref, de quoi s'occuper et se régaler pendant les trois jours prévus pour mon ultime escale en Indonésie.
  • Le carnaval




 













  • Les spectacles
Les copains Corinne et Hervé du voilier français Max

  • Les nuits animées
  • Les rencontres
Avec Safri (le plus breton des ministres-députés d'Indonésie) et sa petite famille