Bienvenu sur le site de Sabay Dii

En laotien, Sabay Dii signifie "bonjour", "salut", "ça va"...
Dans la pratique, cette expression est utilisée chaque fois qu'on est heureux de rencontrer quelqu'un.
Pas étonnant que j'ai baptisé mon bateau "Sabay Dii", non ?

lundi 7 novembre 2011

La fiesta de los muertos






FANTASTIQUE  !
   
Il fallait être au Mexique à l'occasion de la fête des morts.
Pas rigolo vous pensez ... Et bien c'est tout le contraire !
Ici, on fait une sacrée fête
pour honorer les morts, leur rappeler qu'on pense à eux,
pour les retrouver.


 Et oui ! Chaque année, du 29 octobre au 2 novembre, avec la Catrina
tous les Mexicains, des plus jeunes aux plus vieux
sont dans la rue pour fêter leurs morts,
car, comme le dit Octavio Paz (prix Nobel de littérature)
« Le mexicain est un familier de la mort, il en plaisante, il la caresse, il dort avec...»
et ici, au Mexique, tout le monde partage sa pensée : 
« Una sociedad que niega la muerte, niega la vida »
(Une société qui nie la mort, nie la vie)




Pratiquement cinq jours à décorer
la ville ou le village ...
























En quelques heures, les murs sont repeints de squelettes










Peinture, sculptures, marionnettes,
tout est bon pour rappeler que les morts sont toujours parmi nous,
qu'ils n'ont pas été oubliés.







 Dans les magasins, les hôtels, les administrations,
on attire le chaland avec des macchabées ! 


Les particuliers suspendent la Catrina aux balcons
Et tout le monde se déguise sur le thème de la mort


 dans Mexico, comme dans le village le plus retiré,
on mange, on fait de la musique, on danse, 
on trouve des spectacles de rues, des expos, des concerts ...
 Mais la fête des morts, c'est avant tout l'occasion de réunir la famille,
pour faire des offrandes aux morts.
Comme le dit ce poème, les Mexicains sont persuadés que les morts sont parmi eux,
invisibles mais bien présents. 




On comprend donc qu'ils essayent de leur faire plaisir, d'abord en entretenant les tombes.
C'est une affaire de famille,
et tout le monde participe.














 Les tombes sont nettoyées, parfois refaite à neuf,
et magnifiquement décorées de fleurs.
Parfois, comme à Oaxaca,
on en profite pour ouvrir le cercueil,
changer le linceul,
et même laver le squelette.








et tout ça dans la bonne humeur,
en mangeant et en buvant...
devinez quoi ?
... une petite bière ...
(sans jeux de mots)








Toutes les tombes sont couvertes de fleurs, des plus modestes aux plus luxueuses

Toute la journée du 2 novembre est passée au cimetière,
et pendant la nuit du 2 au 3 le village se vide
et le cimetière devient un forum grouillant mais silencieux,
sombre mais éclairée de milliers de bougies
embaumé par l'odeur des fleurs et étouffant à cause de l'encens qui brûle sur chaque tombe.
 C'est la fête des morts,
et tout le monde est HEUREUX

jeudi 20 octobre 2011

Je laisse Le Salvador sous les eaux pour aller au Guatemala et au Mexique

Je quitte Barillas, pour quelques temps.
Après quinze jours de pluies torrentielles et incessantes, le pays a été déclaré en situation catastrophique.

Après deux semaines enfermé dans le bateau, j'ai les fourmis dans les jambes ;
je vais donc aller voir ailleurs, si c'est plus sec,
et Sabay Dii va rester seul à Barillas, pendant quelques semaines.
 Il m'a promis de rester tranquille pendant que je vais jouer les touristes.
Au programme le Guatemala et le Mexique.

Enigme jaune et blanche

Que es eso ?
 Un oeuf au plat ?
Non
C'est un "Mango Smoothie"

De la pure mangue congelée puis dégelée avant d'être mixée.
Sublime !

lundi 17 octobre 2011

Histoire et images de Puerto Barillas

Ah, Puerto Barillas ! Quel drôle d'endroit !
Barillas, c'est au Salvador, à mi chemin entre Panama City et Acapulco
 C'est un coin paumé, entre mangrove, volcans et champs de canne à sucre
La mangrove, c'est une forêt inextricable où les arbres ont les pieds dans l'eau (de mer).
C'est un écosystème propice à la vie animale sauvage (crocodiles, oiseaux, poissons, insectes,...).
La mangrove c'est aussi un excellent abri anti-cyclonique,
et de tout temps, Barillas a été un refuge pour les bateaux de pêche.
Mais Puerto Barillas,
c'est avant tout un minuscule confetti de la gigantesque propriété d'un milliardaire.

En quelques mots, voici l'étrange histoire de Puerto Barillas
A la fin de la guerre civile (1979-1992), un richissime salvadorien de retour au pays est venu ici, et a décidé d'acheter toute les terres de ce coin paumé du Salvador, essentiellement de la mangrove littorale et plusieurs milliers (oui ! oui !) d'hectares de terres recouvertes des cendres des volcans de la région.
Comme la plupart des gens fortunés, ses investissements ont été faits soit pour se faire plaisir, soit pour augmenter sa fortune.
La mangrove, c'était pour le plaisir : il a décidé d'aménagé ce "trou à cyclone" pour en faire une "marina". Un bien grand mot, car il n'y a ici ni quai, ni véritables infrastructures portuaires : seulement quelques bouées.
Mais, comme il a des idées et beaucoup d'argent,
il y a fait construire des hangars pour stocker à sec des bateaux à moteur,
 un plan incliné, une station essence,
 des bureaux, une route pour y accéder,
et même une piste d'atterrissage pour l'avion qu'il pilote personnellement. 
Du coup, ce coin paumé est devenu le seul endroit de  la côte où on puisse mettre un bateau à l'eau, faire le plein, prendre une douche ... Les affaires maritimes, la "Fuerza Navale", les douanes, qui n'avaient pas les moyens de ce monsieur fortuné, sont venus s'installer ici chez lui, ce qui fait que cette "marina" privée est le port d'entrée officiel du Salvador, quand on vient du sud.
Mais ce monsieur fortuné avait envie d'un cadre agréable.
Il a donc aménagé le site.


Espèces végétales variées (ça c'est une gousse de cacaoyer)
pelouse, huttes pour se mettre à l'ombre
  chemins pavés pour ne pas avoir les pieds mouillés
(car ici quand il pleut, il ne fait pas semblant)
  Et puis tout ce qu'il faut pour recevoir du monde ...
Bar, salle de restaurant
 
 évidemment, comme il n'y a personne à servir
 le personnel (une quinzaine de personnes au moins) n'a rien à faire de la journée.
Et j'allais oublier une jolie piscine à étages.
Ce n'est donc pas avec sa marina que notre milliardaire s'enrichit.
NON
C'est avec les mille hectares de canne à sucre, presque autant de cacaoyers, de caféiers, de cocotiers
qui ont remplacé la cendre.
Notre homme fait travailler toute la région,
aide les familles les plus démunies, assure les transports (payants).
Bref, il contrôle et organise toute la société de la région.
Mais sans lui, tout le monde crèverait de faim.

Et quand on sait qu'ici, on est à une heure de piste de la plus proche ville, Usulatan,
on se dit que Puerto Barillas, c'est vraiment un drôle d'endroit, n'est-ce pas ?