Bienvenu sur le site de Sabay Dii

En laotien, Sabay Dii signifie "bonjour", "salut", "ça va"...
Dans la pratique, cette expression est utilisée chaque fois qu'on est heureux de rencontrer quelqu'un.
Pas étonnant que j'ai baptisé mon bateau "Sabay Dii", non ?

jeudi 4 janvier 2018

Rendez-vous à Ko Yao Yai pour fêter le Nouvel An

Dans le désert, le "téléphone arabe" fonctionne miraculeusement. Il en est de même en mer, mais avec quand même un peu plus de technologie. Ainsi, grâce au téléphone, à la VHF ou simplement au cours de rencontres fortuites à des mouillages forains, nous avons été une bonne dizaine de voiliers "tourdumondistes" à nous retrouver sur une plage pour fêter ensemble le changement d'année. Soirée cosmopolite garantie. Étaient représentées les nations suivantes : Allemagne, France (Sabay Dii et Max), Amérique, Canada, Suisse, Tchéquie, Nouvelle Zélande et Australie (les plus gros contingents), ... et je dois en oublier car, dans ce monde très fermé des navigateurs infatigables, la notion de nationalité a laissé depuis longtemps la place à celle de langue d'usage, ce qui rend difficile la distinction entre canadiens francophones (Jean-Pierre, Karen) et français (Hervé, Corinne) ou entre australiens et kiwis, surtout quand ils ont bu un petit peu.

Les copains d'abord !




Il y a eu même un singe de l'île qui s'est pointé incognito à la soirée
déguisé en navigateur, mais vu sa tête, on a vite compris
qu'il ne s'agissait pas d'Hervé.
Vraiment futé l'animal !







































Par contre, là où il peut y avoir complète confusion, c'est au bar entre des allemands et des néozed, car ils ont absolument la même capacité d'ingurgiter sans broncher trois litres de bière à l'heure, et à devenir hilares ensuite, avec de grosse difficultés d'élocution, ce qui, vu du comptoir, les transforme en véritables clones.
Allemands ou néo-zélandais ? Moi je sais ...
En tout cas, tout le monde était joyeux de ces retrouvailles inopinées qui nous ont permis de refaire le monde dans un petit restaurant de plage pour un repas de réveillon au tarif local (220 Baths, soit moins de 6 €).
Comme le soleil se couche tôt, il nous a fallu attendre trois bonnes heures sur la plage l'instant fatidique. Mais le restaurant avait un bar, de la musique, et des chaises longues, ce qui a permis à tout le monde d'arriver très facilement mais avec plus ou moins de lucidité selon le type de boisson ingurgitée, à la première fusée des feux d'artifice qui allaient éclairer la baie de toute part.
Une soirée bien sympa en somme.
Bravo aux initiateurs et à l'organisatrice de cette très agréable rencontre !
Le rendez-vous avait lieu sur la façade occidentale de la grande île de Ko Yao Yai, à une dizaine de milles nautiques de Ao Chalong.
Connaissant la date et le lieu du rendez-vous à l'avance, j'avais décidé d'aller explorer cette île que j'avais jusqu'à présent négligée, du fait des vents dominants régnant pendant mon dernier séjour en Thaïlande.
Un drôle de voilier rencontré sur la route
Après avoir frôlé les deux îles bondées de Ko Khai Nok et Ko Khai Nai, j'ai caboté nonchalamment le long de Ko Yao Yai en m'arrêtant à trois jolis mouillages dont deux très sauvages où je compte retourner un de ces jours, le troisième étant notre lieu de rendez-vous, non loin d'une colline hébergeant un immense hôtel.
Premier mouillage à Lo Jark
une plage pleine de singes qui se nourrissent à l'aide d'outils.
Je retournerai filmer leur "manège" prochainement.
Coucher de soleil vu depuis Ko Yao Yai
La même vue mais "interprétée"
Mon seul voisin au premier mouillage
Deuxième mouillage au nord de la baie d'Ao Labu.
Et pour finir, notre rendez-vous à Lo Paret
Du mouillage d'Ao Labu, vous n'aurez pas d'image car le temps était exécrable et la visibilité limitée par moments à 20 mètres sous le déluge, mais je compte y retourner car l'endroit semble extrêmement sauvage.
Voici notre lieu de rendez-vous : une belle plage, dont une des extrémités est occupée par un hôtel ayant colonisé tout le flanc caché de la grande colline, et dont l'autre est le coin tranquille où nous nous sommes retrouvés. 
Côté "grand hôtel"
Côté peinard
  Un bien bel endroit pour notre "concentration" de voiliers au long cours.



Le très grand voilier à droite de l'image, ne faisait pas partie de la bande.
Mais je vous en parlerai un jour prochain, car c'est un voilier exceptionnel à plus d'un titre.
Sabay Dii, tranquille

mercredi 3 janvier 2018

Phuket, capitale du tourisme nautique de masse

Quand je dis que je navigue en ce moment dans le Sud de  la Thaïlande, du côté de Phuket, ça fait rêver. On imagine probablement des plages désertes de sable blanc, avec des cocotiers, de l'eau turquoise, et plein de poissons multicolores venant à la rencontre des baigneurs, par simple curiosité.
Eh bien on a tout faux. Ici, ce n'est ni la Polynésie, ni les Fidji, ni la Nouvelle Calédonie !
N'allez pas en conclure hâtivement que tout est affreux, bien au contraire. Mais en Thaïlande, le tourisme a atteint des proportions terrifiantes qui font que tout est surpeuplé, agité, bruyant, stressant et pollué. Toute vie sauvage a fui la zone pour se réfugier loin, très loin, au calme.
Jugez vous même, avec ces quelques images prises cette semaine à Ao Chalong (l'embarcadère de Phuket) et dans les îlots proches (une vingtaine de kilomètres).

Voici Ao Chalong, à 9 heures du mat ... D'abord la plage, ou ce qu'il en reste, car elle est occupée, non pas par des  baigneurs mais par les vedettes qui vont transporter les baigneurs sur les  îles voisines, dont les plages seront alors, à leur tour, occupées par les vedettes attendant les baigneurs pour les reconduire à Ao Chalong. Une véritable histoire de fous qui fait que là où sont les baigneurs, la place est occupée par des bateaux.
Dès le matin, devant les hôtels, c'est le briefing, car ici, il est quasiment impossible de trouver un petit transporteur local pour vous amener sur une île tranquille. Non ! Tout a été industrialisé, et les séjours en hôtels sont couplés à des sorties collectives. Du coup, vous allez en mer avec vos voisins de palier.
Tout a été prévu et des milliers de gilets de sauvetage sont stockés dans les rues.
Les touristes sont conduits à la plage, mais pas tous en même temps car ce serait l'anarchie. Chaque prestataire arrive à l'heure pile pour remplir son bateau, et laisser la place à son confrère arrivant avec son troupeau.




Ça c'est pour les baigneurs, de loin les plus nombreux, mais vous avez peut-être opté pur une sortie à la voile ou une initiation à la plongée. Eh bien la même stratégie sophistiquée est appliquée. Une noria de minibus va vous déposer avec votre groupe au bout de la jetée.
Là vous partirez soit tout droit pour rejoindre l'embarcadère où arrivent avec une précision métronomique les bateaux chargés de bouteilles d'air comprimé,

















soit à droite pour descendre aux pontons où des dizaines de catamarans attendent leur cargaison humaine (parfois plus de 80 personnes sur ceux de 60 pieds) avec repas servi en mer et sono à fond jusqu'au retour à la tombée de la nuit sur des voiliers clignotant comme des boîtes de nuit

Le basin des "petits" catamarans
Et tout cela est réglé comme du papier à musique pour que les centaines de bateaux qui partent et reviennent presqu'en même temps ne se télescopent pas en entrant dans le port, et pour que la marée humaine puisse s'écouler avec fluidité entre l'embarcadère et les innombrables hôtels de l'île.
Et tout cela n'est que la partie émergée de l'iceberg, car derrière les prestations évidentes aux touristes, se cache une logistique fantastique pour approvisionner, entretenir, nettoyer les centaines de bateaux, voiliers, vedettes, pour préparer les milliers de repas qui seront consommés quotidiennement sur les plages ou sur les bateaux, pour récupérer les déchets, ... et cela 7 jours par semaine et 365 jours par an, car à Phuket, on ne connait pas le mot "vacance".
Bien évidemment, les minuscules plages des îlots voisins comme les îles Ko Khai situées à 20 km de Phuket que j'ai frôlées cette semaine sont à l'unisson de ce vacarme perpétuel.
Ko Khai Nok
Quant aux lieux de plongée, il y a longtemps qu'ils ont été désertés par la faune. Il faudra donc se contenter de regarder des coraux recouverts de vase à travers une eau glauque, car malheureusement, le détroit de Malacca est l'une des zones de dépôt vaseux les pires de la planète.
Alors, me direz-vous, qu'est ce que je fiche dans un coin pareil ?
Eh bien je profite de la chance d'avoir mon propre bateau pour aller là où les autres ne vont pas.
Ainsi, je suis peinard, je vois de belles choses et des gens vivant hors de ce monstrueux maelstrom, dans une approche respectueuse du milieu naturel et des autochtones.

mardi 2 janvier 2018

Noël parmi les "Grands" à Ko Rok Nok

Départ le 21 décembre de la jolie petite marina de l'île de Rebak en Malaisie pour rejoindre Phuket, en Thaïlande, à 150 milles nautiques environ.
La marina au coeur de l'île de Rebak, satellite de la grande île de Langkawi
D'abord, avant de quitter Langkawi, je dois faire une petite halte à Telaga Harbour (à seulement 5 milles de Rebak) pour un réglage du gréement et l'installation d'un nouveau feu de navigation en tête de mât.

Chris, l'insaisissable gréeur sud-africain au travail avec son acolyte pour le hisser.


Telaga Harbour est une petite marina, un peu paumée, mais où règne une ambiance bon-enfant.
Les bâtiments d'inspiration arabe de la marina. L'horloge hurle un chant arabe toute les heures.
A ajouter à l'appel du muezzin cinq fois par jour.
Telaga se trouve tout près de la frontière maritime entre la Malaisie au Sud et la Thaïlande au Nord. Quelques heures à peine après avoir quitté Telaga, me voila déjà chez les Thais. Comme le temps n'est pas terrible, je choisis de m'arrêter à Ko Turatao (ko signifie île en thai).
Turatao en vue. Je suis sur la ligne imaginaire séparant Malaisie et Thaïlande
Cette barque rentre au mouillage pour la nuit, justement à l'endroit vers lequel je me dirige aussi
Je retrouverai à ce mouillage une cinquantaine de bateaux de pêche





Départ le matin du 23, sous la pluie (ce qui est rare en cette saison) de Ko Turatao pour rejoindre le petit archipel de Ko Rok où Sabay Dii a pris l'habitude de s'arrêter dans ces allers-venues entre Malaisie et Thaïlande.

Ko Rok est composé de deux îlots. C'est un parc national maritime ce qui autorise les rangers a venir racketter les voiliers de passage (et seulement eux et pas les centaines de touristes qui débarquent ici des barques locales) alors qu'il n'y a pas le moindre service ni le moindre entretien des lieux.


Ko Rok Nok au Sud-Ouest et Ko Rok Nai au Nord-Est
Je suis resté là deux nuits (sans pouvoir quitter le bateau car la législation oblige à avoir fait préalablement les formalités d'entrée en Thaïlande, ce qui n'est pas possible avant Phuket ou Krabi bien plus au Nord). C'est donc ici que j'ai passé la nuit de Noël, bien sagement niché dans Sabay Dii, entre deux super-yachts (l'un de plus de 35 mètres et l'autre de 50 dont le prix permettrait de s'offrir plus de 100 Sabay Dii superlativement équipés).
A droite le moins petit et à gauche celui un peu moins grand
35 mètres seulement
Plus de 4 fois la longueur de Sabay Dii, et 100 fois plus cher au moins !
Ko Rok Nok à gauche et Ko Rok Nai à droite
Dans quelques heures je risque de voir passer dans le ciel le Père Noël.
Les deux équipages ont fêté Noël ensemble, mais inutile de vous dire que je n'ai pas été invité, ces gens n'ayant pas coutume de fréquenter la "plèbe".
J'ai profité de ces deux jours pour commencer à rechercher la cause d'un dysfonctionnement aléatoire de mon GPS (l'appareil qui permet de donner la position et le cap du bateau au système de navigation), mais un faux-contact sur un réseau d'électronique aussi sophistiqué n'est pas facile à localiser. Heureusement Sabay Dii est équipé de plusieurs système de navigation indépendants, ce qui me donne toujours un plan B voire un plan C en cas de panne. J'ai donc commencé mes investigations et ai pu ainsi éliminer plusieurs causes possibles (on commence par éliminer avant d'attaquer le démontage du câblage).
Un tout petit aperçu d'une toute petite partie du câblage d'un voilier bien équipé en électronique de navigation.
Tout petits en bas en blanc, deux multiplexeurs qui centralisent les données NMEA de divers capteurs pour les faire transiter dans le réseau électronique du bateau.
Départ le 25 décembre, avant le lever du jour, de Ko Rok pour une grosse étape qui doit me mener soit au terminus de Phuket si le vent est de la partie, soit à Ko Mai Thon si le vent ne daigne pas m'aider.
Le vent semble coopérer, et au bout de deux heures seulement je passe près d'une formation géologique impressionnante (j'ai donc fait plus de six nœuds de moyenne).
Le bateau de trente cinq mètres de long m'a doublé comme une flèche à plus de 9 nœuds, mais lui était au moteur.
On distingue son mât devant les rochers.
Hélas, à midi le vent s'essouffle si bien que je dois me résoudre à recourir à la brise Volvo pour atteindre péniblement en soirée Ko Mai Thon
Ko Mai Thon ou Ko Maithhon ou Komaithon.
Dans les langues thaïlandaise et laotienne, il n'y a pas d'espace entre les mots.
L'espace n'existe que pour signifier qu'une phrase s'achève.
Ah, j'allais oublier de vous le dire : hier en fin d'après-midi, deux dauphins étaient là pour me souhaiter la bienvenue à Ko Mai Thon. Cela faisait très longtemps (depuis la Nouvelle Zélande probablement) que je n'en avais vu.
Je quitte Ko Mai Thon le 26 décembre de bonne heure ...

... et à 10 heures du mat, j'aperçois l'île de Pukhet et la baie d'Ao Chalong.
Il ne me reste plus qu'à rendre visite aux autorités (affaires maritimes, immigration et douane) pour me mettre en règle. Ce sera l'occasion d'un petit bakchich glissé à la personne idoine pour bénéficier d'une autorisation de prolongation de visa dans un mois (eh oui, en Thaïlande, les lois sont absurdes, mais heureusement "contournables" ce qui facilite un petit peu la vie des touristes et améliore notablement le revenu des fonctionnaires).