Bienvenu sur le site de Sabay Dii

En laotien, Sabay Dii signifie "bonjour", "salut", "ça va"...
Dans la pratique, cette expression est utilisée chaque fois qu'on est heureux de rencontrer quelqu'un.
Pas étonnant que j'ai baptisé mon bateau "Sabay Dii", non ?

mardi 12 août 2014

Papeete vs Nuku'alofa

Nuku'alofa, ça vous dit quelque chose ? Probablement pas ! Et pourtant c'est le nom de la capitale d'un pays indépendant, les Tonga.
Ce petit royaume perdu au milieu du Pacifique Sud, est certes tout petit, en tout cas beaucoup plus petit que ses voisins Samoa et Fidji, mais il est quand même bien plus grand que l'île minuscule de Niue toute proche, qui est aussi un état indépendant de quelques milliers d'habitants à peine.
Mais qu'importe la taille des Tonga quand on sait que c'est le seul état du Pacifique Sud à n'avoir jamais été colonisé !
D'abord quelques chiffres pour donner une petite idée de cet étonnant pays :
  • environ 700 km² de terre contre plus de 700000 km² de surface maritime
  • 171 îles dont 36 sont habitées avec seulement 4 disposant d'électricité et d'eau courante
  • 110000 habitants vivant au royaume et autant d'expatriés en Nouvelle-Zélande, Australie ou USA
Quand on quitte Tahiti et sa grouillante et clinquante capitale Papeete, et qu'après une dizaine ou une quinzaine de jours de navigation hauturière, on arrive dans la paisible et modeste bourgade de Nuku'alofa, sur l'île de Tongatapu, on se dit que l'on a quitté un monde pour un autre.
Dans les prochains messages que je vous posterai, vous aurez tout le loisir de vous en rendre compte, mais il vous faudra être patient, très patient même, car si le royaume des Tonga est un pays si différent de la Polynésie Française, son Internet l'est aussi. Eh oui ! Pour avoir une connexion, il faut de l'électricité, et ça, ça ne se trouve que dans quatre endroits : Nuku'alofa, Pangai, Neiafu et Niuatoputapu, distants de plusieurs jours de navigation. Et puis, le débit est d'un autre âge, et charger le blog de quelques photos me prend des heures et me coûte une petite fortune.
Alors encore de la patience mais vous ne le regretterez pas, car je peux vous dire dès aujourd'hui, après seulement trois semaines passées aux Tonga, que cet extraordinaire pays valait vraiment le détour de plusieurs milliers de kilomètres ,et que les Tongiens méritent qu'on vienne ici les rencontrer.

Pour vous aider à la fois à patienter et à imaginer ce qui vous attend, voici les dernières photos du mouillage de Sabay Dii à Tahiti, et les premières photos de son mouillage aux Tonga, dans la capitale Nuku'alofa. Sans commentaires ...

D'abord Papeete


 



et puis Nuku'alofa

Non non ! Pas d'erreur. C'étaient bien les images du port commercial (et en même temps marina) de la capitale des Tonga.
Prochainement vous allez découvrir quelques unes des innombrables îles de cet étonnant royaume qui semble vivre en marge du temps universel. Ce sera à ma prochaine connexion à Internet, dans x jours. Patience ! Toujours patience !

2 équipiers épatants

Au mois de juin, pendant que je préparais Sabay Dii à Tahiti pour la traversée qui devait me mener aux Tonga, j'ai été contacté à quelques jours d'intervalle par deux personnes, Fred puis Paul, qui cherchaient, chacun de son côté, un bateau pour aller vers l'ouest.
Un petit rendez-vous avec l'un et avec l'autre dans un bistrot pour me faire une opinion rapide sur les deux lascars, et quelques renseignements donnés par d'autres navigateurs qui les connaissaient, et les voilà embarqués pour 1650 milles en haute mer.
Mais une fois sur l'eau, ces deux passagers quasiment inconnus sont vite devenus d'épatants équipiers, toujours disponibles, serviables, participant spontanément à toutes les tâches liées à la navigation hauturière dans un espace réduit, que ce soit pour assurer le quart de nuit ou aider aux manœuvres ...
 

ou pour toutes les corvées ménagères (cuisine, ménage, vaisselle, rangement, bricolage, etc.).

Deux types qui n'ont pas grand chose en commun à part d'être de vrais bourlingueurs capables de vivre n'importe où avec très peu, ce qui va souvent de pair avec la constante bonne humeur.
Présentation ...
Fred (24 ans) français, sculpteur sur bois, rugbyman, capable de travailler des mois comme un forcené dans les mines d'or australiennes ou dans des champs de coton, pour se mettre suffisamment de dollars de côté afin d'explorer le reste du temps le Pacifique Sud.


Excellent cuisinier (sur un bateau ça veut dire capable de faire des bons plats avec ce que l'on trouve à bord et non chez Fauchon), et boulanger hors-pair alors que c'était ses premiers pains.




Paul (56 ans) belge, agriculteur sans frontières, ayant monté des projets d'exploitation maraîchère en Polynésie, en Arabie Saoudite, etc. et qui voulait revenir à Tahiti en bateau revoir la famille quasiment « adoptive » qui l'avait accueilli il y a quelques décennies.


toujours aux petits soins pour ses coéquipiers



Et il ne faudrait pas oublier notre travail d'équipe pour ... la pêche ...








Au cours des quinze jours passés ensemble sur Sabay Dii, ce fut en permanence la bonne entente.
De quoi rendre le capitaine serein, et donner à tous les trois l'envie de se revoir sur l'eau ou ailleurs.

lundi 11 août 2014

Sabay Dii est aux Tonga



... après une traversée de 1650 milles nautiques (environ 3000 km) pas évidente du tout, vu que les alizés que l'on peut espérer à cette époque dans cette région du monde et qui poussent gentiment vers l'ouest étaient aux abonnés absents. A leur place, Sabay Dii n'a rencontré que des vents capricieux de nord ou de sud de plus de 25 kts, et changeant de direction (180°) sans prévenir, des orages avec de la foudre, des variations de températures de plus de 15° et beaucoup de pétole aussi.






Bref, rien de normal ou plutôt rien que du normal si l'on admet que Sabay Dii a passé la moitié du temps dans les deux branches de la Zone de convergence du Pacifique Sud, une zone à la météo pourrie où se querellent de l'air polaire venant de l'Antarctique et des bouffées équatoriales.

En arrivant aux Tonga, tous les gens emmitouflés dans des couvertures m'ont demandé quel temps j'avais eu en mer, car ils n'avaient jamais vu pareille météo de leur vie.