Bienvenu sur le site de Sabay Dii

En laotien, Sabay Dii signifie "bonjour", "salut", "ça va"...
Dans la pratique, cette expression est utilisée chaque fois qu'on est heureux de rencontrer quelqu'un.
Pas étonnant que j'ai baptisé mon bateau "Sabay Dii", non ?

mardi 10 septembre 2013

Raiatea, la voileuse

Raiatea est tournée vers le tourisme nautique. Jugez-en par vous-même … Sur un territoire bien plus petit que Tahiti, on y trouve deux clubs de voile et trois marinas, deux shipchandlers, un centre de carénage, un chantier spécialisé dans la construction et la réparation de bateaux en aluminium, et tous les loueurs de voiliers de Polynésie.
L'une des trois marinas
Sabay Dii devant deux gros catamarans dans le port d'Uturoa
L'un des quais de loueurs de voiliers
Autant dire que c’est ici et non à Tahiti qu’on vient, pour faire de la voile dans cette région du monde : du voilier de croisière, mais aussi de la planche à voile, du kite-surf ou du Hobby Cat, ou de drôles d’engins. 
Drôle d'engin que ce prao ultra light de près de 10 mètres de long
Le même engin sous voile
Pas étonnant que j’ai retrouvé ici des bateaux déjà rencontrés au cours de mon périple, comme le catamaran Banana qui a le même itinéraire que moi depuis les Marquises, mais aussi  et surtout Hasta Luego, de mon copain Henry et sa compagne qui m’ont hébergé à Andorra après qu’on se soit connus en Espagne, puis retrouvé au Cap Vert, où Holiday de Bisserka, Daniel et Alan rencontrés au Costa Rica puis au Salvador, ou La Morgan d’Alain et Marilies qui m’ont invité tant de fois à manger à Tlikehau dans les Tuamotus.













Holiday de Daniel, Bisserka et Alan
La Morgan d'Alain et Marilies

















Pourtant, Raiatea est trompeuse.
Son littoral est très photogénique mais les fonds passent brutalement de 30 à 2 mètres et souvent moins. Elle possède un lagon magnifique mais dont on ne peut faire le tour à cause des hauts fonds.
Elle a aussi de magnifiques îlots, mais la plupart sont privés avec des propriétaires très peu accueillants (appréciez l’euphémisme).


En tant que centre culturel et religieux majeurs dans le Pacifique, elle possède les maraes les plus importants du Pacifique, mais il est impossible d’accoster pour les visiter.
En bref, bien qu’entourée d’un magnifique lagon, Raiatea n’est pas l’idéal pour caboter, car elle ne présente que très peu de bons mouillages, un caractère général qu’elle partage d’ailleurs avec nombre de ses consœurs de l’archipel de la Société (Tahiti, Moorea, Huahine, etc.).
Pourquoi le tourisme nautique s’est-il tant développé ici ? Mystère et boule de suif ! Probablement à cause du voisinage, à une demi-journée de voile, de sa voisine de l’ouest, Bora Bora.
Alors, quoi faire à Raiatea ? Eh bien, explorer par la mer cette île de toute beauté, bien sûr, mais en ayant bien pris soin de déterminer à l’avance où mouiller pour la nuit.
Mais Raiatea, c’est aussi de la randonnée pédestre ! Ballades magnifiques dans une jungle inextricable ou promenades sur grand chemin avec panoramas sur le lagon à couper le souffle. Vous avez le choix.

Raiatea et Tahaa avant Bora Bora

Et voilà ! Sabay Dii est arrivé à Bora Bora, la perle du Pacifique. Mais avant de vous faire rêver avec les images de ce lagon mythique, je vais vous parler de Raiatea et de Tahaa, par où il fallait passer pour arriver jusqu'ici.
Les îles jumelles de Raiatea et Taaha sont à seulement 20 milles à l’est de Huahine, sur la route de Bora Bora, et elles se partagent le même lagon.

Arrivée dans le lagon de Raiatea-Taaha par la passe Teavapiti
Grand calme dans le lagon

A elles deux, Raiatea et Tahaa constituent le deuxième pôle humain de la Polynésie après Tahiti. Uturoa, la capitale compte plus de 4000 habitants et se retrouve deuxième agglomération de tout l’archipel, après Papeete.
Uturoa vu depuis l’émetteur  de télévision.
Le petit port d’Uturoa
Le quai des ferries
Vue sur Tahaa depuis Raiatea, Juste un bras de mer entre les deux.
Le centre commercial du quai des ferries (un peu mort le we)
 Inséparables dans l’histoire, Raiatea et Taaha furent et demeurent aussi un important centre culturel et religieux. C’est ici que le culte de Taaroa, se transforma progressivement en culte d’Oro, le dieu de toute la Polynésie pré-européenne. Aujourd’hui, comme dans tout l’archipel, on est presque exclusivement chrétien  (près d’une dizaine de cultes différents quand même).
Une des nombreuses églises d’Uturoa
Sabay Dii au quai du port d'Uturoa
C’est aussi d’ici que les migrations polynésiennes repartirent pour peupler les ïles Cook, les Tonga, … et surtout la Nouvelle-Zélande. Enfin, c’est encore ici que l’on résista le plus longtemps à l’envahisseur français.
Comme vous allez le constater avec les photos que je vous ai concoctées, bien que séparées seulement par un bras de mer encombré d’un grand banc de sable et de corail, ces deux îles jumelles différent beaucoup de par leurs ambiances respectives.

dimanche 1 septembre 2013

Huahine

Huahine est l’île la plus à l’est de l’archipel des Îles sous le Vent. C’est la première que l’on rencontre en venant de Tahiti ou de Moorea (qui sont aussi appelées les Îles au Vent). Car, dans cette région du monde, le vent souffle presque toujours d’est en ouest. A la voile, on part donc de Tahiti au vent arrière (le vent dans le dos) pour rejoindre Huahine. Facile. Dans l’autre sens, c’est bien plus compliqué, car, comme on a le vent et les vagues dans le nez, il faut tirer des bords.
Huahine est en fait un ensemble de deux îles assez montagneuses et très sauvages, et extrêmement voisines : Huahine Nui au nord et Huahine Iti au sud. Les deux routes desservant chacune l’une de ces îles se rejoignent au pont qui enjambe le chenal étroit et peu profond séparant Huahine Nui et Huahine Iti.
La capitale (si l’on peut dire) de Huahine est le petit village de Fare (650 habitants), ce qui veut dire en polynésien, la maison. Ce n’est pas un hasard, car c’est à Huahine que s’est passée une drôle d’histoire. Cook, le grand navigateur anglais qui explora et cartographia une grande partie du Pacifique Sud au cours de trois voyages célèbres, fut le premier à visiter Huahine en 1769. Il y reviendra lors de son deuxième voyage en 1774, puis retournera en Europe, avec Omai, un jeune indigène pour présenter à la cour d’Angleterre un spécimen vivant de la race maori. En 1777, lors de  son dernier voyage, il le ramènera chez lui, justement à Huahine. Et pour le remercier d’avoir fait cet immense aller-retour, très loin des siens, le capitaine Cook lui fera construire par ses marins une maison à l’européenne : le fameux fare de Fare, qui a du drôlement surprendre les indigènes de l’époque.
Mouillage de la baie d'Avea
Mouillage de la baie d'Avea avec Raiatea au fond
Visite de quelques dauphins au mouillage d'Avea




Les fouilles archéologiques ont révélé l’existence d’une multitude de sites parmi les plus anciens de Polynésie (XVIe siècle) : souvent des marae, c’est-à-dire des terrasses plus ou moins construites, où avaient lieu les cérémonies et parfois les sacrifices humains en l’honneur des dieux (je vous en reparlerai prochainement). A Huahine, le marae de Maeva est un site majeur dans l’histoire de la Polynésie pré-européenne ; c’était le siège du pouvoir royal de l’île et les grands chefs vivaient ici, au bord du lac Fauna Nui, au nord de l’île, pour procéder aux rites indispensables au bon déroulement de la vie de leur peuple.

Marae Manunu avec la tombe du dernier des prêtres
Parcs à poissons
 
Une vahiné en train de pêcher à la baie de l'ex-Sotitel
 
Plantation de vanille
Les bus scolaires de Huahine