Bienvenu sur le site de Sabay Dii

En laotien, Sabay Dii signifie "bonjour", "salut", "ça va"...
Dans la pratique, cette expression est utilisée chaque fois qu'on est heureux de rencontrer quelqu'un.
Pas étonnant que j'ai baptisé mon bateau "Sabay Dii", non ?

mercredi 11 janvier 2017

Les superbes mouillages de l'archipel de Komodo

L'archipel de Komodo est un endroit paradisiaque pour qui aime barboter, plonger ou marcher en regardant la mer.
A Labuan Bajo, de drôles de bateaux de "corsaires" sont mouillés dans la baie, entre deux croisières de plongée
Ameldec, le Leopard 43 (catamaran) australien de Brian et Penny
A cette époque de l'année (équinoxe) et à cette latitude (Equateur), le soleil est au zénith à midi.
Remarquez l'ombre du nuage à la verticale, juste sur le cone volcanique. 
Eau cristalline à 30°C, toute l'année
Ces bateaux à fond plat amènent les plongeurs sur des sites réputés pour leur abondance en raies manta
Sabay Dii dans un mouillage de jour
Charter de plongée. Les touristes partent pour une semaine sur ces bateaux
et explorent chaque jour l'un des nombreux sites de plongée de l'archipel de Komodo 
Photo Françoise


Sabay Dii et Ameldec au mouillage
L'auteur de cette photo a laissé son empreinte sur mon débardeur !!! Bravo l'artiste. Merci quand même.

Les voiliers sont très peu nombreux dans cette région de la planète.
Par contre, les charters de plongée affectionnent particulièrement ce splendide mouillage.


Et voila à quoi ressemblent les mouillages fréquentés par les charters de plongée ...
A la vue de ces paysages idylliques d'un calme exceptionnel, on pourrait croire que la navigation dans tout le secteur est une promenade de santé. Il n'en est rien d'une part parce que les cartes marines de la région sont fausses, mais surtout parce que l'on peut être confronté à des courants chaotiques d'une violence rare qui peuvent apparaître ou disparaître en quelques minutes. La preuve en image : les photos suivantes ont été prises une demi-heure plus tard et à seulement 2 ou 3 milles des photos précédentes. 


Courant et contre-courant de plus de 6 nœuds s'affrontent.
Sabay Dii est heurté de toute part par ces vagues folles.
La navigation devient alors harassante.
Un mille plus loin, on retrouve une nouvelle baie tranquille ou des pêcheurs-plongeurs viennent travailler toute la semaine

Très sympas, ils nous donneront gros calmars et beaux poissons.
Et au vu de leur équipement, je leur donnerai un beau masque de plongée avec un tuba.
C'est le "troc des îles" !
La navigation dans l'archipel de Komodo aura aussi été l'occasion de jouer les dépanneuses. Un bateau transportant toute une famille qui allait pique-niquer sur une île est tombée en panne de moteur. Ne disposant ni de rames, ni de VHF, c'est avec une perche qu'ils essayaient vainement d'étaler le courant dans une zone agitée et profonde. Les ayant aperçus en galère, Sabay Dii s'est empressé de changer de direction pour leur porter secours.

mercredi 4 janvier 2017

Les dragons de Komodo

Le Dragon de Komodo (Varanus komodoensis) est une espèce de varan endémique d'Indonésie. On ne le rencontre que dans les îles de Gili Motang (environ 100 individus), Gili Dasami (environ 100 individus), Rinca (environ 1 300 individus), Komodo (environ 1700 individus) et Florès (peut-être 2000 individus).
C'est la plus grande espèce vivante de lézard, avec une longueur moyenne de 2 à 3 mètres et une masse d'environ 70 kg.
Dragon de Komodo : une femelle portant un futur rejeton dans son gros ventre
L'hypothèse la plus probable concernant son évolution remonte à l'apparition des premiers varans en Asie, il y a environ 40 millions d'années, varans qui ont émigré vers l'Australie. Il y a environ 15 millions d'années, une collision entre l'Australie et l'Asie du Sud-est a permis aux varans de passer vers ce qui est aujourd'hui l'archipel indonésien. On pense que le Dragon de Komodo est apparu il y a 4 millions d'années, se différenciant de ses ancêtres australiens et élargissant son territoire jusqu'à l'île de Timor, à l'est. Une baisse importante du niveau de la mer au cours de la dernière période glaciaire a découvert de vastes étendues du plateau continental que le Dragon de Komodo a colonisées, puis il s'est retrouvé isolé sur ces îles lorsque le niveau de la mer est lentement remonté.

Sa taille inhabituelle est parfois attribuée au gigantisme insulaire car il n'existe pas, dans son habitat naturel, d'autres animaux carnivores pouvant occuper ou partager sa niche écologique, ainsi qu'à ses faibles besoins en énergie. Mais il est aussi possible que cet animal soit au contraire une forme naine du Mégalania, un varan géant de 8 mètres de long ayant vécu en Australie au moins jusqu'à l'arrivée des premiers aborigènes.
Le Dragon de Komodo est une espèce vulnérable et figure sur la liste rouge de l'UICN. L'activité volcanique, les tremblements de terre, la perte d'habitat, le feu (la population à Padar a été presque détruite par un feu de forêt et a mystérieusement disparu depuis), la diminution du nombre de proies, le tourisme et le braconnage ont tous contribué à la vulnérabilité du Dragon de Komodo. En vertu de l'Annexe I de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction), le commerce de peaux ou de spécimens est illégal. En 2002, Il y avait entre 4 000 et 5 000 Dragons de Komodo vivant à l'état sauvage. Toutefois, il ne semblait plus exister que 350 femelles reproductrices. Pour répondre à une telle préoccupation, le Parc national de Komodo a été créé en 1980 pour protéger les populations de Dragons de Komodo.
C'est à Rinca que nous avons pu les observer.
Pour cela, Sabay Dii fut mouillé en fin d'après-midi, juste devant le ponton du parc national de Komodo, sur l'île de Rinca, histoire de voir les animaux actifs (ils ont tendance à ce cacher à l'ombre pour dormir dès qu'il fait chaud) et avant que les troupes de touristes ne soient débarquées par les agences de tourisme locales.
Dragon digérant une proie engloutie plusieurs jours auparavant
Remarquez ces grippes acérées
Sans diaphragme, le Dragon de Komodo ne peut pas aspirer l'eau pour la boire ni la laper avec sa langue,
donc il recueille l'eau dans sa gueule puis relève la tête pour la faire couler dans sa gorge
Cette femelle cherche à nous intimider car elle est près du nid où elle a déposé ses eoufs
Comme beaucoup d'autres reptiles, le Dragon de Komodo utilise sa langue pour reconnaître les stimoli gustatifs et olfactifs. C'est aussi sa langue qui l'aide à se déplacer  (jusqu'à 10 km de son repère) dans l'obscurité car sa vision et son ouïe sont très peu performantes
Les Dragons de Komodo sont carnivores. Les adultes, bien qu'ils se nourrissent essentiellement de charognes, peuvent également tuer des animaux dont ils s'approchent furtivement. Arrivés à proximité d'elles, ils les attaquent soudainement et les mordent au ventre ou à la gorge ou, si elles ne sont pas de trop grande taille, leur brisent la colonne vertébrale d'un coup de gueule. On a vu des varans de Komodo assommer des cerfs ou des porcs d'un coup de queue. On a toujours cru que ces lézards possédaient une puissante morsure, mais les calculs informatiques de la force de la mâchoire, à partir de la forme des os et de la taille des muscles, montrent dans le cas de Varanus komodoensis des résultats qui sont en dessous des espérances, avec une mâchoire 6,5 fois moins puissante que celle du crocodile marin que l'on trouve dans les pays voisins (Australie et Papouasie Nouvelle Guinée). La mâchoire serait en revanche plus adaptée au déchiquetage des proies par des tractions arrière violentes.
Un Dragon de Komodo attend son heure derrière cette biche
Les Dragons de Komodo mangent de grands morceaux de chair de leurs victimes tout en maintenant la carcasse avec leurs pattes avant. Pour des proies plus petites (jusqu'à la taille d'une chèvre), leurs mâchoires élastiques, leur crâne souple et leur estomac extensible leur permettent d'avaler l'animal entier. Ils évitent de consommer les végétaux contenus dans l'estomac et les intestins de leurs proies. Ils produisent une grande quantité de salive qui leur permet de lubrifier leur nourriture, mais la déglutition est toujours un processus long (il leur faut quinze à vingt minutes pour avaler une chèvre entière). Ils peuvent accélérer le processus en appuyant la carcasse contre un arbre pour la forcer à s'enfoncer dans leur gorge, poussant parfois avec une telle force que l'arbre tombe. Pour ne pas s'étouffer en avalant leur proie, ils respirent à l'aide d'un conduit placé sous la langue et relié aux poumons. Après avoir mangé jusqu'à 80 % de leur propre poids en un repas, ils s'installent dans un endroit ensoleillé pour accélérer la digestion, afin d'éviter que la nourriture ne pourrisse et les empoisonne. En raison de leur métabolisme lent, les grands dragons peuvent survivre avec un repas par mois. À la fin de la digestion, les Dragons de Komodo régurgitent les cornes, poils et dents de leurs proies entourés d'un mucus malodorant. Après s'être débarrassés de ces phanères indigestes, ils se frottent la gueule dans la terre ou sur les buissons environnants pour enlever le mucus restant.
image glanée sur Internet
Lorsqu'ils mangent en groupe, les plus gros dragons mangent généralement en premier tandis que les plus petits suivent dans un ordre hiérarchique. Le plus grand des mâles affirme sa position dominante et les subalternes affichent leur soumission par des attitudes corporelles, des sifflements et des grondements. Les dragons de même taille peuvent avoir recours à la « lutte ». Généralement, les perdants battent en retraite mais ils peuvent aussi être tués et mangés par les vainqueurs.
Le Dragon de Komodo a un régime alimentaire très varié, qui comprend des invertébrés, d'autres reptiles (y compris de petits Dragons de Komodo), des oiseaux, des œufs d'oiseaux, de petits mammifères, des singes, des sangliers, des chèvres, des cerfs, des chevaux et des buffles. Les jeunes dragons mangent des insectes, des œufs, des geckos et de petits mammifères. Parfois, ils s'attaquent à l'homme (surtout aux enfants qui vivent à proximité et oublient le danger) et aux cadavres humains en creusant les tombes pour les déterrer. Cette habitude de s'attaquer aux morts a obligé les villageois de Komodo à déplacer leurs tombes des sols sablonneux vers des sols argileux et à les recouvrir de tas de pierres pour dissuader les dragons de creuser.
Impressionnant quand la bête vient vers vous
Restes de festins cloués sur un tronc d'arbre
Avis aux promeneurs


mardi 3 janvier 2017

Labuan Bajo

Labuan Bajo se trouve à l'extrémité occidentale de la grande île de Flores, à proximité de l'archipel de Komodo réputé mondialemnt pour ses dragons et pour ses sites de plongée. Pas étonnant que Labuan Bajo soit beaucoup plus touristique que les autres villes d'Indonésie rencontrées jusqu'à présent avec le rallye "Wonderful sail 2 Indonesia".
Deux grosses journées de navigation sont nécessaires pour rallier Labuan Bajo depuis Riung
Une étape aux environs de Reo était bien nécessaire, l'occasion pour les enfants du coin de venir voir Sabay Dii, un drôle d'engin avec des voiles, mais tellement différent des boutres à voile qui passent de temps en temps dans ce secteur.

Le littoral est très découpé aux environs de Labuan Bajo ... un avant-goût du somptueux Archipel de Komodo

Sabay Dii était mouillé devant un "resort", c'est-a-dire un bel hôtel mettant à notre disposition son excellent restaurant et surtout sa belle piscine.
Notre voisin le plus proche, un boutre traditionnel aménagé pour faire de la croisière de plongée

Vus de la plage de l'hôtel, Sabay Dii, le boutre et Lazy Jack, un Catana 59 du rallye (la perspective laisserait croire que ces deux voiliers sont de tailles comparables. Il n'en est rien ; Sabay Dii est une puce à côté de ce maxi catamaran de luxe).
Thierry nous rejoint au mouillage
Kanthaka 2 (OVNI 435), le voilier de grande croisière en aluminium de Thierry, un autre navigateur solitaire français
Ce mouillage très beau et rtès agréable avait le petit inconvénient d'être à une dizaine de kilomètres de Labuan Bajo. Pas commode pour aller faire les courses au deux petites supérettes et au marché. Un marché surtout de poissons séchés, une obligation dans un pays où les bateaux de pêche ne disposent d'aucun système de réfrigération.
Le port de Labuan Bajo
Futur pêcheur de Labuan Bajo perdu dans le marché au milieu des sacs de poissons séchés.
Comme vous pouvez le constater, en Indonésie (comme d'ailleurs en Malaisie), on n'hésite pas à pêcher des poissons minuscules qui, séchés, sont excellents et que j'ai mangés à toute heure du jour, comme gourmandise. Seul problème : en pêchant de si petits poissons on supprime la base de la chaîne alimentaire des poissons plus gros, en mettant en danger les réserves halieutiques locales. Mais ça, les pêcheurs n'en ont rien à faire, sciant ainsi la branche sur laquelle ils sont assis. 

Il fallait refaire le plein d'eau de Sabay Dii qui utilise d'habitude l'eau de pluie. Mais depuis plusieurs semaines c'était le grand beau temps. Pas facile pour transporter 300 L d'eau sur 15 km. Heureusement je suis tombé sur une gérante de supérette super sympa qui non seulement nous a fait un prix défiant toute concurrence (1,5 € pour 20 litres d'eau minérale cachetée) mais qui en plus nous a délégué trois de ces amis qui ont assuré gratuitement non seulement le transport mais le remplissage des réservoirs. Il faut dire qu'ils avaient une sacrée envie de monter sur le bateau.
 

Un grand merci à vous tous.