Bienvenu sur le site de Sabay Dii

En laotien, Sabay Dii signifie "bonjour", "salut", "ça va"...
Dans la pratique, cette expression est utilisée chaque fois qu'on est heureux de rencontrer quelqu'un.
Pas étonnant que j'ai baptisé mon bateau "Sabay Dii", non ?

jeudi 7 mai 2015

ປີໃໝ່

ປີໃໝ່ = Pii May

Le Nouvel An Lao appelé Pii May est célébré chaque année, généralement entre le 13 et le 16 avril. Il s'agit d'une fête liée au bouddhisme theravada (ou bouddhisme du petit véhicule), c'est-à-dire le bouddhisme le plus traditionnel qui soit, et dont le Laos constitue le "conservatoire" notamment grâce à son extraordinaire cité de Louang Prabang. Ce nouvel an est aussi célébré au même moment en Birmanie (Thingyan), au Cambodge (Chaul Chlmam), en Thaïlande (Thingyan) et chez les Dai du Yunnan.
Cette fête qui dure plusieurs jours est celle de l'eau et correspondant au moment le plus chaud de l'année, peu avant le début de la saison des pluies qui vont remplir les rizières. C'est donc aussi un rite agricole. Comme vous allez le voir sur mes photos, Pii May est à la fois un moment de recueillement intense au voisinage des pagodes, un prétexte pour toutes sortes de rassemblements et de rencontres (concerts, tir de fusées, processions d'éléphants, etc.), mais aussi un exutoire incroyable dans les rues, notamment à Vientiane, la capitale du Laos.

D'abord, recueillons-nous ...


Pii May est avant tout une fête religieuse. C'est l'occasion pour les bonzes de sortir des innombrables pagodes qui jalonnent la campagne et toutes les cités du Laos, les reliques et les statues les plus sacrées. Au son des litanies scandées à longueur de journée par les moines, toute la population vient avec son seau d'eau parfumée pour arroser de quelques gouttes tout ces objets saints.

Ce geste répété des centaines de fois pendant le nouvel an, en signe de vénération, est sensé porter bonheur et félicité à l'arrosé comme à l'arroseur (surtout des pluies abondantes qui garantissent une bonne récolte de riz). Une forme de communion, en somme, entre Bouddha et les humains.


Mais ce geste de l'aspersion est beaucoup moins codifié que ceux des autres religions; et j'ai vu cette année des personnes d'un âge mur arroser les statues avec un ... pistolet à eau. C'est la modernité.
Ce rite sacré de l'aspersion porte-bonheur n'est pas limité à la sphère religieuse. Loin s'en faut. C'est même devenu le sport national pendant Pii May. Impossible de circuler en vélo ou en moto sans recevoir en pleine figure de pleins seaux d'eau. Dans les rues de Vientiane, ce sont des batailles rangées de jeunes armés de bassines, de pistolets à eau, de lances d'arrosage qui transforment la ville en véritable Aqualand.

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