Bienvenu sur le site de Sabay Dii

En laotien, Sabay Dii signifie "bonjour", "salut", "ça va"...
Dans la pratique, cette expression est utilisée chaque fois qu'on est heureux de rencontrer quelqu'un.
Pas étonnant que j'ai baptisé mon bateau "Sabay Dii", non ?

samedi 10 septembre 2016

Ouvea

Ouvéa (Iaaï en langue locale) est réputé comme l’un des plus beaux atolls du Pacifique, avec sa plage de sable blanc qui s’étend sur 25 km, caressée par une eau calme, limpide, lumineuse, aux couleurs incroyables. Voila ce que vous trouverez comme images si vous allez sur le site officiel du tourisme en Nouvelle Calédonie à propos d'Ouvea
Mais voici maintenant la version personnelle de mon séjour en bateau à Ouvea.
Ouvéa a hérité du surnom d’ « île la plus proche du Paradis » dans les années 70, de Katsura Morimura, jeune écrivaine japonaise venue séjourner à Ouvéa. Enchantée par le cadre et l’accueil chaleureux, elle intitula le roman qu’elle était en train d’écrire « L’île la plus proche du paradis », et situa l’action sur l’île, racontant une histoire d’amour entre une jeune Japonaise en visite et un descendant de Japonais établi à Ouvéa. Le livre, jamais traduit en français, a aussi fait l’objet d’un film, qui porte le même titre, sous-titré en français. Katsura Morimura est aujourd’hui décédée, mais le titre de son roman, lui, est toujours resté attaché à Ouvéa et explique en partie l’amour des visiteurs japonais pour cette île souvent choisie pour une lune de miel.
Message trouvé sur la plage au cours d'une de mes balades
La forme étonnante d’Ouvéa s'explique par le fait que cet ancien atoll a basculé, d'où un lagon partiellement fermé au nord et au sud par une série de récifs et d'îlots, les Pléiades. Toujours immergé, le lagon n'a donc pas été comblé comme à Lifou ou à Maré. Cette particularité fait de l’atoll d’Ouvéa et des îles voisines de Beautemps-Beaupré un écosystème particulièrement riche et original, d'où son inscription au Patrimoine mondial de l’humanité, avec les cinq lagons de Nouvelle Calédonie.
Les 4 300 habitants d’Ouvéa puisent leurs origines dans les migrations polynésiennes et mélanésiennes. L’influence polynésienne y est nettement plus marquée qu’à Lifou et Maré, le nom même de l’île est le nom polynésien de l’île Wallis (Uvea). Dans le district coutumier de Saint-Joseph, au nord, la chefferie de Takedji est une sorte d’enclave wallisienne au sein du district kanak. C’est pour cette raison qu’on parle deux langues vernaculaires à Ouvéa : le iaaï, langue kanak, et le faga-uvea d’origine polynésienne. Il faut ajouter la trace génétique de kabyles qui avaient été déportés ici à la suite des premiers "événements" d'Algérie, pour comprendre la diversité des visages de la population autochtone.
Après une belle journée de navigation sous spi depuis Maré, nous sommes entrés tard dans la soirée dans le fameux lagon d'Ouvéa qui nous a révélé au petit jour un splendide plage s'étendant à perte de vue.
Nous aurons parcouru l'île, aussi bien en bateau (en pêchant évidemment)
L'un des beaux mérous que j'ai pêchés. Il faut aussi ajouter une grosse carangue d'une trentaine de kilos qui est repartie libre
qu'à pied et en stop sur son unique route et son unique pont.
ce qui nous aura permis de faire des rencontres particulièrement intéressantes, comme par exemple avec l'ambulancier de l'île qui oubliera ses obligations professionnelles pour nous faire découvrir quelques petits joyaux de son secteur, ou encore lorsque nous fûmes invités par les vendeuses de légumes du marché de Saint-Joseph à partager le repas de la fête de leur association, pendant tout un dimanche.
Olivier le nez à l'air sur un des pick up qui nous aura baladé dans l'île
Et, partout, sur note route, des petits villages très dispersés avec cases traditionnelles et chefferies.
et à quelques centaines les uns des autres, comme dans toutes les Loyauté, des temples et églises témoins des luttes passées entre catholiques et réformistes, mais toujours pleins de la ferveur locale le dimanche.


En tout cas, Ouvéa aura été l'un des plus beaux endroits visités par Sabay Dii depuis ses sept ans de pérégrinations autour de la planète et l'accueil qui nous a été réservé restera inoubliable.
Et pour vous faire rêver un peu, voici maintenant en images, le splendide lagon d'Ouvéa ...

vendredi 9 septembre 2016

Les Îles Loyauté

L'archipel des Îles Loyauté fait partie de la Nouvelle Calédonie. C'est l'une des trois provinces de ce territoire d'Outremer. Situé à l'Est de la Grande Terre, sur la route du Vanuatu (ex-Nouvelles Hébrides), cet arc insulaire est constitué de quatre îles disposées selon un axe sud-est, nord-ouest, Maré, Tiga, Lifou et Ouvéa, qui, comme vous allez pouvoir le constater, sont très différentes les unes des autres, hormis pour ce qui est de la tradition kanak bien vivace partout.

J'avais prévu de ne surtout pas rater cette étape de choix dans mon tour du monde, surtout après avoir rencontré aux Tonga, Valentine, une jeune Loyaltienne qui travaillait à l'Alliance Française de Nuku'Alofa, et qui m'avait vanté le charme de Maré en y ajoutant une documentation alléchante sur tout l'archipel. Comme Olivier, qui a maintenant pris l'habitude de venir passer un mois par an sur Sabay Dii, avait prévu un petit séjour de ce côté de la planète pour s'adonner à sa passion, la pêche, c'est ensemble que nous sommes partis de Nouméa pour les Îles Loyauté.

La route de Sabay Dii de la Nouvelle Calédonie aux Îles Loyauté
Olivier, mouilleur agréé de Sabay Dii
Tout naturellement, la première île visitée fut Maré (Nengone en langue locale), car c'est la plus proche de Grande Terre. Baptisée d’abord Britannia, du nom du voilier du capitaine Raven venu explorer la région en 1803, Maré a longtemps subi l’influence des navigateurs, négociants et missionnaires britanniques. On retrouve encore aujourd’hui cette influence dans la langue nengone, fortement teintée de mots et de prononciations anglais. Le premier Européen à toucher l’île fut le capitaine Butler du navire Walpole, en 1800. C’est en réalité quatre décennies plus tard que les premiers contacts avec les Blancs s’établissent vraiment. A partir de 1841, le révérend Murray diffuse les valeurs du protestantisme. Son « homologue » catholique, le révérend Beaulieu, poursuit les mêmes buts, mais, comme souvent à cette époque où les missionnaires étaient prêts à tous pour établir leur suprématie, des troubles très violents se produisent entre les deux communautés jusqu’en 1883.
Maré est la plus australe et la plus élevée des îles Loyauté. Ses cinq étages de coraux superposés culminent à près de 130 mètres sur la côte sud. Comparée à ses voisines, on la considère ici comme un véritable jardin potager, car la terre de la plaine centrale est fertile. On y cultive l'igname, soit-disant la meilleure de Nouvelle Calédonie, mais aussi les avocats dont la saison de récolte donne l'occasion d'une fête d'une semaine que ne raterait aucun des insulaires. Et puis il y aussi les papayes, les litchis, les mandarines, les oranges...






Mais à vrai dire, c'est surtout la caillasse que l'on remarque en arrivant par la mer, car Maré est un véritable gruyère karstique. La roche est poreuse, faite ici de vieux corail acéré, là de tubes basaltiques érodés et criblée de trous de toutes tailles, de grottes mystérieuses, de gouffres sans fonds, et même de piscines naturelles d’eau douce ou d’eau de mer qui abritent poissons et tortues dans un camaïeu de bleus et de verts que l’on ne trouve nulle part ailleurs aux Loyauté.
L'une des nombreuses grottes avec le drapeau kanak
Sabay Dii en baie de Pede, l'un des très rares mouillages sûrs de Maré
Pas facile de s'approcher de Maré par la mer, les plages étant toujours protégées par un récif frangeant
Il y aussi une belle guirlande de plages de sable blanc, bordées de cocotiers et de pins colonnaires parfois étranges.
Ce pin colonnaire est appelé la "queue de dinosaure"
Pin colonnaire

Plage de sable de corail grossier sur lequel se dépose de la grenaille de pierre ponce 
La forêt borde les plages
L'un des très rares hôtels de Maré
Nous avons découvert tout cela grâce à Anne et Nicolas et leurs deux charmants enfants, que j'avais eu la chance de rencontrer à Nouméa et qui nous accueillirent très chaleureusement chez eux. Avec de tels guides, nous étions dans les conditions idéales pour déguster Maré.
L'une des innombrables églises de l'île
Case traditionnelle
Ensuite, pour aller et revenir de Ouvéa, nous sommes passés par Lifou (Drehu en langue locale), en négligeant la petite Tiga (dont le nom est devenu presque commun grâce à la célébrissime marque de planches à voile). Lifou est l'île la plus étendue de l'archipel des îles Loyauté (superficie équivalente à celle de la Martinique). Comme ses voisines, Lifou a été rapidement investie par des dizaines de missionnaires catholiques et protestants qui profitèrent de l'occasion pour faire de l'île un huis clos de leur lutte d'influence sur les âmes locales, et de celle plus prosaïque de la compétition entre l’empire britannique et la France pour le contrôle de cette partie du Pacifique sud.
A la différence de Maré, la côte de Lifou est entaillée de baies longues et profondes, qui allient avec grâce les longues plages de sable blanc, les falaises tranchées dans l'ancien récif et les fond coralliens aux couleurs magiques. C'est donc une île qui se prête plus au mouillage forain et au cabotage que Maré. Quant à l'intérieur de l'île, c'est une vaste plaine édifiée sur l'ancien lagon, recouverte en grande partie par de la forêt tropicale. Ses 10 000 habitants ont conservé traditions et coutume, et cela se manifeste aussi bien lors des grandes fêtes coutumières que dans tous les actes de la vie quotidienne tels que l'agriculture ou la construction des cases, et les mariages qui prennent ici, au mois de juin, des dimensions délirantes (une à deux semaines de repas orgiaques rassemblant des centaines voire des milliers de personnes pour chaque évènement). Wé, chef lieu des îles Loyauté, en est l'agglomération la plus importante. Joliment située au bord de la baie de Chateaubriand, elle abrite les principales infrastructures administratives et surtout, pour le navigateur, "LE" supermarché des Îles Loyauté où il doit aller se ravitailler s'il ne veut pas mourir de faim.
Restes d'un catamaran échoué puis incendié dans la baie de Drueulu



Totem à Chepenehe, pour veiller sur Sabay Dii
Raie manta tournant autour du bateau
Et Uvea ? Eh bien cette petite merveille d'atoll mérite un petit message particulier. A suivre donc ...